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Musique classique et opéra par Classissima

Mariss Jansons

dimanche 24 septembre 2017


Resmusica.com

8 août

Lady Macbeth de Mtsensk ou Salzbourg nouvelle formule

Resmusica.comSalzbourg. 5-VIII-2017. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Lady Macbeth de Mtsensk, opéra en quatre actes d’après la nouvelle de Nikolai Leskov. Mise en scène : Andreas Kriegenburg ; décor : Harald B. Thor ; costumes : Tanja Hofmann. Avec : Dmitry Ulyanov (Boris) ; Maxim Paster (Zinovy) ; Nina Stemme (Katerina Ismailova) ; Brandon Jovanovich (Sergei) ; Evgenia Muraveva (Aksinia) ; Stanislav Trofimov (le pope) ; Alexey Shishlyaev (Chef de la police) ; Ksenia Dudnikova (Sonia)… Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor ; Orchestre philharmonique de Vienne ; direction musicale : Mariss Jansons.

Carnets sur sol

7 août

[Carnet d'écoutes n°108] – Moitié d'été

Liste (pas du tout exhaustive) d'écoutes, avec de rapides commentaires publiés à l'origine sur Classik ou Twitter (voir par exemple le fil du mois ). Pas du tout soigné ni détaillé, mais un bon moyen de donner envie d'écouter des choses dont je n'ai pas forcément le temps de faire état ici. Une fois que tout le monde aura ces deux lieux dans ses habitudes, je pourrai arrêter les reports ici. En rouge, je signale les nouveautés discographiques. Porter la mitre et lorgner sous les jupes. François LEMOINE, Ricordo de la coupole de la chapelle de la Vierge à Saint-Sulpice (années 1730) Conservé au presbytère de Saint-Sulpice. Baroque et classique Peu d'écoutes de ce côté, ce mois-ci. ¶ Ottone de Haendel. Assez déçu par l'œuvre très peu saillante (en tout cas le premier tiers : je me suis lassé). Par Petrou aussi, étonnamment terne. Et vocalement, très beau mais assez uniforme (Čenčić, Hallenberg, Sabata). Quitte à écouter du seria, il y a de grandes œuvres disponibles chez Haendel, ou des raretés de Hasse ou Porpora autrement avenantes (noms sur demande), voilà. Claude-Guy HALLÉ, Ricordo du tableau Saint Paul à Lystre pour Saint-Germain-des-Prés (1717) Conservé au Musée Carnavalet Néanmoins : Ce n'est pas lui, mais seulement Le petit page avec la lampe. Romantisme allemand ¶ Début d'une nouvelle intégrale des Sonates de Beethoven, par mon #chouchou Giovanni Bellucci (ma référence dans Schubert ou Liszt). Netteté d'articulation, soin de l'ornementation, science précise du rubato, un beau fondu presque sans pédale, sens du chant… on retrouve tout cela. Peut-être que pour Beethoven, l'enjeu est un peu grand sans pédale, et j'entends quelques apprêts un peu sophistiqués ou une petite froideur / dureté en enfilant les Sonates à la suite. Mais l'une des plus belles propositions pour ces premières sonates ! ¶ Beethoven, 6 Quatuors Op.18, Takács SQ. Le son est large, certes, mais la précision de trait et la finesse d'esprit sans égales. Depuis que j'ai découvert leur opus 76 de Haydn, je ne parviens pas, dans l'immense discographie, à en écouter d'autres sans frustration. ¶ Intégrale Eisenlohr-Naxos des lieder de Schubert, volume 9 (Eiche, Fuhr). Beaucoup de belles pièces pas très données. Lorsque je rencontre celles que j'ai jouées et chantées, le texte se déroule immédiatement, et je sens encore les gestes vocaux dans ma bouche, la résistance du piano sous mes doigts.Pax vobiscum, An die Leier, Jägers Liebeslied, et bien sûr Schiffers Scheidelied, un de ceux dont on se demande pourquoi ils ne sont pas des tubes ! Belle voix de Markus Eiche, mais transposé un peu grave, l'expression est étouffée. Un des rares volumes sans Eisenlohr. ¶ Échanges autour de versions récentes du Winterreise (Padmore-Lewis, Finley-Drake, Bauer-Immerseel, Bauer-Mauser, Harvey-G.Cooper, Rose-Matthewman…) et des versions pour basse (Holl-Grubert, Moll-Garben, Talvela-Gothóni, Polgár-Schultsz, Bastin-Kneihs, Vogel-Dunckel, Gmyria-Ostrin…). ¶ Et la grosse claque du soir : reconstitution de l'Inachevée de Schubert par Venzago (arrangement et direction ). Je me suis plongé dans ses notes explicatives : reconstruction narrative fantaisiste, mais sens très fin des nécessités musicales. J'ai déjà publié une notule à ce sujet, l'écart entre le propos et le résultat est fécond. Il affiche une tranquille satisfaction quand même étonnante, jugeant son mouvement récrit « le plus exaltant de la symphonie », et affirmant, à propos de son patchwork schubertien, que « Mahler aurait été enchanté » ! #MrGuéridon #BerliozStyle ¶ Schubert – Quatuor n°15 – Kremer, Ma & friends. Supra-mou, une collection de solistes qui n'ont pas dû beaucoup répéter, alors que l'un et l'autre peuvent être de magnifiques chambristes. ¶ Norbert Burgmüller – Quatuor n°4 Petit bijou tempêtueux du premier romantisme, comme ses symphonies. ¶ Liszt – Orpheus – Phiharmonique de Berlin, Mehta Version très généreuse et voluptueuse, on perçoit encore mieux le côté piano-orchestré, mais aussi les grandes beautés de la pièce. ¶ Mendelssohn – Symphonie n°3 – Freiburger Barockorchester, Heras-Casado (HM) ¶ Mendelssohn – Symphonie n°4 – Freiburger Barockorchester, Heras-Casado (HM) Cette version atypique (Mendelssohn par un orchestre en principe spécialiste du cœur du XVIIIe italo-germanique) se réécoute vraiment très bien ! Le choral du début de la 3 est un peu dépareillé, certes, mais sinon, ces couleurs comme ravivées par abrasion, un régal. Il y a peut-être mieux (pour la 4 en particulier, assez vive pour sonner très vive et fine sur instruments modernes – Dohnányi-Cleveland, Ashkenazy-DSOB , Tennstedt-Berlin !), mais ce demeure tout à fait exaltant et revivifiant ! ¶ Mendelssohn – 3 Psaumes – Chœur de la Cathédrale d'Oslo, Kvam (Nimbus) Dans ces pièces en majesté, un certain manque de fermeté ici… d'ordinaire j'apprécie considérablement la grandeur douce de ce chœur, pas du tout opératique (amateurs de haute volée ? spécialistes du chant sacré ?), mais ici, on perd beaucoup en impact dramatique – or, Richte mich Gott… ! ¶ Écouté le Parsifal d'Elder avec Hallé, donné aux Proms il y a quelques années, dans la prise de son toujours phénoménale du label de l'orchestre. Vision très hédoniste, assez lente, comme contemplant ses propres timbres, qui serait un premier choix, avec une bonne distribution (Dalayman et Cleveman juste après leur faîte), n'était Tomlinson qui ne peu plus lier ses notes, et seulement pousser ses aigus. Vu la quantité de texte à dire, malgré un résistance au temps pas si mauvaise, tout de même une réserve sérieuse si on ne collectionne pas les Parsifaux ! ¶ Brahms – Sérénade n°1 – Capella Augustina, Spering Décevant, lecture décente mais assez terne pour une version HIP, et du Spering en particulier. J'en reste donc à Boult-LPO et Chailly-Gewandhaus. Mais il m'en reste encore plein à essayer (le problème est que je réécoute Boult à chaque fois…) : Bertini, McGegan (Philharmonia Baroque !), Jaime Martín avec Gävle, Ticciati-Bamberg, Kertész-LSO (j'ai dû écouter ça il y a très longtemps), Haitink-Concertgebouworkest (idem), Abbado avec les jeunes Mahler, Bongartz avec la Philharmonie dresdoise… Putto chirurgien, très appliqué. Jacques BLANCHARD, Saint Sébastien (années 1620-1630). Musée Bossuet. Romantisme français ¶ Le Freischütz version Berlioz, tellement meilleur que l'original. Quels récitatifs (de la même couleur que les airs), quelle fluidité ! ¶ Réécoute de La Reine de Chypre d'Halévy, le V enfile vraiment les tubes (voir explication un peu plus macrostructurelle sur CSS) : « Malgré la foi suprême », « S'arrête la victime », « Guerre à Venise » !. Le reste n'est pas vilain non plus ! Je confirme mon impression, de loin le meilleur Halévy (avec les parties de Noé qui ne sont pas de Bizet – non pas que celles de Bizet soient laides, au contraire, mais elles ne sont pas d'Halévy !). ¶ Réécouté Proserpine de Saint-Saëns aussi, débat sur Classik . ¶ Saint-Saëns – La Muse et le Poète Ressemble assez aux vilaines caricatures qu'on peut lire sur lui dans les Histoires de la Musique. Pas fabuleux : peu de matière musicale (et pas très originale), une dimension concertante un peu didactique (dialogues…), sans vraiment être très évocateur. J'aime passionnément quasiment tout Saint-Saëns, mais la maison ne fait pas de miracles non plus. ¶ Dans l'album romantique-français-tardif-rare de Gens et Niquet, très intéressé par le sens dramatique de Niedermeyer (promis par Bru Zane en intégralité). En revanche, les airs isolés (sulpiciens de surcroît), malgré la beauté de la voix, je salue mais n'y reviendrai pas souvent. Rares sont les récitals d'opéra auxquels je reviens, les airs étant en général les parties moins intéressantes musicalement, dramatiquement. À quand un récital de quintettes, sextuors et finals ? (Déjà, de duos, comme Thébault-Pruvot-Talpain, c'est autrement mieux !) Parmi les beaux exemples, le récital de Skovhus-Conlon, parcours qui raconte quelque chose. Putto-atlante assez herculéen. Plaque funéraire de Lazzaro Doria (notable gênois), attribué à Giovanni Gagini (1486). Romantisme italien ¶ Verdi – Nabucco – Mariotti (C Major) Avec Theodossiou, Ribeiro, Nucci, Zanellato. Remarquable, ébouriffant, très finement dirigé, très bien chanté. Je n'ai pas mieux en magasin. Et l'œuvre , quel bijou – l'orchestration n'est pas fabuleuse, mais pour le reste, les concertatos incroyables, la veine mélodique ininterrompue, le drame qui calvalcade ! ¶ Verdi – Nabucco – Santi, Paris 1979 (Arthaus) La mise en scène est très… tradi (tous les bras en croix face à la scène dans leurs grandes robes satinées de dorures), mais le plateau fait toute l'impression : Bumbry, Cossuta, Raimondi ! J'aime un peu moins Milnes, aux portamenti très appuyés (et qui a moins de graves que son partenaire ténor Cossuta), mais tout ça est remarquable, et bien qu'épais, l'accompagnement vit très bien. Je l'avais déjà écouté il y a longtemps (sans le visuel), et c'est ce qui se faisait de mieux avant que n'arrive la nouvelle génération de chefs raffinés dans ce répertoire. ¶ Verdi – Attila – Rinaldi, Christoff ¶ Verdi – Attila – De Biasio, Battistoni Opéra qui a toujours ses fulgurances (les clefs de fa, passionnantes) et ses longueurs. Pour une fois, déception avec la version parmesane : les voix graves sont vraiment ternes, et ce ne peut pas passer dans un opéra qui repose complètement sur leurs tempéraments ! ¶ Verdi – Il Corsaro – Montanaro (C Major) Un des meilleurs Verdi, pourtant un des moins donnés. Comme Oberto ou Stiffelio, c'est pourtant du premier choix (je trouve ça nettement plus abouti que Macbeth et un peu plus trépidant que Luisa Miller, par exemple). Version exemplaire aussi, avec quatre chanteurs exceptionnels et un chef intéressant. ¶ Verdi – Stiffelio – Qiu, Aronica, Battistoni ¶ Verdi – Stiffelio – Chelsea Opera Group Quel opéra ébouriffant ! Et cette fin totalement inattendue… Quel sujet, aussi : l'adultère de la femme d'un pasteur contemporain ! Battistoni est ma référence habituelle, mais la bande de cette compagnie de Chelsea est épatante. Miricioiu est certes déclinante, mais le ténor Peter Auty est une révélation étourdissante… on se demande pourquoi on embauche les vedettes actuelles quand on a des gens comme lui. Une voix mixte ronde, égale, glorieuse sur toute l'étendue… la diction est un brin enveloppée, sans doute, mais le charisme vocal et la poésie de l'instrument sont incroyables. Comment se fait-il qu'on ne se l'arrache pas, à l'heure où les grandes maisons se contentent en général de ténors vaillants mais aux timbres frustes ou aux aigus blanchis ? ¶ Verdi – Luisa Miller – Martínez, Vargas, Zanetti, Paris 2008 L'œuvre, malgré ses faiblesses (dramatiques en particulier – il ne faut pas avoir honte de se réclamer de Schiller !), ne manque pas de beautés musicales, et Zanetti y est particulièrement passionnant. Netteté, articulations expressives… l'orchestre dit beaucoup ici. Au pied d'une statuette ornementale de satyre en laiton doré, trois putti font de la musique sylvestre. Objet étrange, puisqu'il est associé par l'orfèvre-vedette de l'Empire, Odiot, à une coupe « sein » (à la forme non équivoque), et qu'il récupère les putti de sa base de vases à parfum qu'il avait fournis à l'impératrice Marie-Louise neuf ans plus tôt, en 1810. (Une des spécificités du métier de fondeur est qu'on peut effectivement réutiliser des modèles ou des fragments pour tout type d'objet.) Décadents germaniques ¶ (Karl) Weigl – Symphonie n°6 – Radio de Berlin-ex-Est, Thomas Sanderling (BIS) Comme la 5, pas ultime, certes, mais du beau postromantisme bien fait, plutôt sombre mais pas sophistiqué, qu'on aurait du plaisir à entendre en plusieurs versions et au concert. ¶ (Karl) Weigl – Symphonie n°5 « Apocalypse » – Radio de Berlin (ex-Est), Thomas Sanderling (BIS) Effectivement, le premier mouvement est difficile à encaisser (ces instruments qui s'accordent platement au début, et ces trombones étiques supposément menaçants, vraiment pas à la hauteur de son ambition). Et les Quatre Cavaliers sont assez déroutants – une large part du mouvement est écrit dans le mode majeur avec une orchestration légère qui fait la part belle aux flûtes… En revanche, l'adagio évoquant le Paradis Perdu réussit remarquablement son projet extatique, rien que pour ce quart d'heure il faut écouter la symphonie, autrement un peu frustrante. La Sixième est beaucoup plus régulière et convaincante. ¶ (Karl) Weigl – Phantastisches Intermezzo – Thomas Sanderling (BIS) Ça virevolte comme le Scherzo fantastique de Stravinski, ça mérite l'écoute. ¶ Hausegger – Aufklängen, Dionysische Fantasie – Bamberg, Hermus. Ça vient de sortir chez CPO. Il y a aussi Wieland der Schmied (mais lui plusieurs fois gravé), le thème de l'opéra que Wagner n'a pas écrit… C'est du du Schmidt en plus plus straussien, plus lumineux, moins ronchon, du superbe romantisme tardif élancé et diapré. ¶ Mahler – Symphonie n°7 – Concertgebouworkest, Chailly (Decca) Limpide et coloré, bien bâti, j'aime beaucoup cette version. (Sans atteindre mes plus chères, Jansons-Oslo, Stenz-Gürzenich…) ¶ Jan van Gilse – Symphonie n°2 – Symphonique des Pays-Bas (sis à Enschede), Porcelijn (CPO) Peut-être bien la symphonie que j'aime le plus de tout le XXe siècle. ¶ R. Strauss – Capriccio – Prêtre Version avec Della Casa et Vienne, moins intéressante que celle qu'il fit avec Lott (ma référence). Un peu figé, voix que je ne trouve pas très typées : Ch. Ludwig, Kmentt, Kerns, Berry… Vienne vraiment sur la réserve aussi, comme souvent. Je crois que ça a été publié il y a relativement peu de temps, ça n'existait pas il y a deux ou trois ans dans la discographie. ¶ Diepenbrock – Zum grossen Schweigen – Hagegård, Concertgebouworkest, Chailly Belle balade orchestrale (sans valoir ses fresques plus ambitieuses). ¶ Je trisse la Verklärte Nacht d'Oskar Fried. S'il y a bien une œuvre qui ferait un tabac en salle… Bouleversant à chaque fois. (Parce que les Vier dramatische Gesänge de Gurlitt , ça vaut bien les Vier letzte Lieder , mais je me doute que peux aller me brosser.) On ne l'entend pas très bien sur le disque (l'orchestre est capté un peu en arrière et vaporeux), mais il y a de très belles choses en matière d'orchestration, des échos entre les différentes parties, des contrechants de cor magnifiques, des moments où les vents sont seuls pendant l'exultation finale. Encore plus impressionnant que l'impression globale, en y regardant de plus près. J'ai prévu d'enrichir la notule en conséquence, ou d'en faire une autre. Dans quelque temps. J'ai découvert qu'une intégrale des lieder de Fried existait (par les mêmes chanteurs, Landshammer et Rügamer), et qu'une énorme cantate devrait bientôt paraître, mais je ne trouve pas trace de ces disques. ¶ Ben-Haim – Quatuor n°1 – Carmel SQ (Toccata) ¶ Ben-Haim – Quintette à deux altos – Carmel SQ (Toccata) Très bien. Pas aussi saillant que ses meilleures œuvres symphoniques, mais j'y reviendrai pour approfondir. ¶ Ben-Haim – Symphonie n°2 – Philharmonique de la Radio de Hanovre, Yinon (CPO) Beaucoup plus lumineuse que la Première, proche de la 2 de van Gilse, des 2 et 4 de Nielsen. Dans les deux cas, les mouvements lents sont extraordinairement prégnants. Et le concerto grosso est encore meilleur, pas du tout archaïsant d'ailleurs. ¶ Paul Ben-Haim – Symphonie n°1 – Philharmonique de la NDR, Yinon (CPO) ¶ Paul Ben-Haim – Fanfare pour Israël – Philharmonique de la NDR, Yinon (CPO) ¶ Paul Ben-Haim – Métamorphoses symphoniques sur un choral de Bach – Philharmonique de la NDR, Yinon (CPO) Rien à voir ici, les trois œuvres sont très sombres, beaucoup plus « modernes » que la Deuxième Symphonie. Le mouvement lent de Première Symphonie est, comme pour la Deuxième, particulièrement prégnant. Les Variations sont vraiment très diverses, quoique toujours tourmentées (pas tant musicalement qu'expressivement) et la Fanfare pour Israël résonne plutôt comme une marche funèbre – assez peu éclatante, même dans la douleur. Dans les tableaux mariaux de Largillière (les deux vers 1730) tout le monde, même les putti, a les mêmes traits : ceux d'Anita Cerquetti. XXe français ¶ Confidence : le disque de mélodies que j'ai, de loin, le plus écouté. (Gabriel Dupont par Peintre & Girod, chez Timpani.) ¶ Mélodies de Fauré par Lenaert et (Ph.) Riga. Du Fauré aux [r] très roulés, avec piano d'époque, très belle diction posée sur le timbre franc de Lenaert. Je n'avais jamais remarqué le côté très aulnisant de Fleur jetée ! Attention, le timbre (que j'aime) n'est pas voluptueux, c'est plutôt de la taille/ténor baroque, il faut écouter pour l'équilibre général ! ¶ Très belle réussite du disque Schindler-Debussy avec l'Orchestre de Franche-Comté : la « Symphonie Pelléas » de Constant, dont on n'a que deux exemples au disque (Märkl éloquent et élancé, Baudo plus sucré et fondu), sonne très bien ! Seul détail qui donne l'avantage à Märkl et le National de Lyon : le final du IV n'est pas aussi ardent. Grandes lectures orchestrales de Pelléas dans les deux cas ! (Contrairement à l'infâme collage Leinsdorf d'interludes, souvent joué, le montage Constant inclut d'autres moments importants et cohérents, pas seulement les interludes – dont une large partie du final du IV, donc. Par-dessus le marché, les ponts sont beaucoup plus adroits et ne semblent pas des tunnelets flottant sur une mer de Debussy.) Le reste est moins intéressant : les Maeterlinck ne sont pas le meilleur de Zemlinsky, la voix de Druet n'est guère séduisante, et Le Bozec est pour la première fois de sa vie en petite forme. Pour les quelques Alma Schindler , on dispose d'aussi bons disques, et procurant l'intégralité des lieder. ¶ Mariotte – Impressions urbaines Un chef-d'œuvre du figuralisme mécaniste, du niveau de Meisel … mais au piano ! Contrairement aux autres œuvres de cette veine, d'ailleurs, c'est la poésie qui prévaut ! (existe par Blumenthal chez Timpani) Là aussi, le disque de piano que j'ai, d'assez loin, le plus écouté depuis sa parutition ¶ Honegger – Concerto pour violoncelle – Johannes Moser, Radio de Saarbrücken, Poppen Très beau celui-là aussi, j'y reviens souvent. ¶ Pour le reste, quelques opéras fétiches (L'Étranger de d'Indy, Monna Vanna de Février, L'Aiglon d'Ibert-Honegger dans la reprise de Marseille avec d'Oustrac). Et puis Lazzari, même si ce n'est pas La Lépreuse : La Tour de feu, prise assez inaudible (que ce soit chez Cantus Classics ou Malibran), impossible de percevoir ce que fait l'orchestre. ¶¶ d'Indy – L'Étranger – Foster Ce mélange de motifs et harmonie wagnériens et de chants populaires français, qu'est-ce que c'est fabuleux ! ¶¶ Février – Monna Vanna – Rennes 1958 (Quel dommage qu'il manque les dernières répliques sur la bande Malibran !) ¶¶ Ibert-Honegger – L'Aiglon – Dervaux Un des opéras que j'ai le plus écoutés, je crois, mais je n'avais pas encore exploré cette version historique (Boué, Despraz, Bourdin). Je croyais pourtant avoir entendu de grandes versions orchestrales avec Lacombe, Nagano et Ossonce, mais je suis frappé par la précision des climats campés par Dervaux, que je tenais plutôt pour solide qu'inspiré. Vraiment épatant, il n'y a que Boué, un peu aigrelette, qui soit en dessous des autres versions (il faut dire que face à Cousin, Gillet et d'Oustrac, qui pourrait en mener large !). ¶¶ Lazzari – La Tour de feu – Ruhlmann 1944 Le son est vraiment trop défavorable (voix très en avant, orchestre fort mais parcellaire) et le français trop mauvais (génération où la diction était lâche, façon Lubin) pour pouvoir en tirer quelque chose. Mais comme j'aime énormément La Lépreuse , je réessaie périodiquement. Putto très grognon. Clément BELLE, La découverte de la profanation des saintes hosties à Saint-Merri (1759) Commémoration très expressive de cet événement survenu en 1722. Peint et conservé à l'église Saint-Merri de Paris. Fleurs scandinaves ¶ Horneman – Quatuors 1 & 2 Du romantisme simple et lumineux, mais pas fade comme du Gade (ou même les quatuors de Langgaard). Pas grand comme Larsson plus tard, qui est beaucoup plus personnel, mais très beau de tout de même. Christian Horneman était un contempteur de Niels Gade, qu'il jugeait trop germanisant – de fait, Gade composait souvent en allemand (des lieder, ou bien grande cantate Comala ), et pas nécessairement sur des sujets danois. Tandis que Horneman a écrit une Ouverture de concert pour l'Aladdin d'Oehlenschläger , la grande figure qui importe le romantisme de Schiller, de Goethe et des Schlegel dans la langue danoise (c'est l'œuvre pour laquelle Nielsen a écrit sa musique de scène). ¶ Horneman – Suite de Gurre – National du Danemark, Johannes Gustavsson (Da Capo) Toujours dans cette veine, qui refuse tout à fait les expressions tourmentées. Mais pas sans expression, loin de là ! – je trouve ça plutôt mieux que les suites de Peer Gynt de Grieg… Sur le même disque, on trouve Le Combat des Muses, avec parties vocales, tout aussi réussi, et Kalanus. Il existe un autre disque qui reprend partiellement le même programme, par Schønwandt et la Radio Danoise. Je crois qu'avec le disque de quatuors, ce sont les trois seules monographies discographiques disponibles pour Horneman. ¶ Hamerik, Symphonie n°2. Hamerik fait du Mendelssohn dans les années 1880, mais les deux premières ne manquent certes pas de personnalité ! Probablement les deux symphonies auxquelles le mot « poétique » s'appliquent le mieux, et tout en simplicité. La façon dont le calme thème B du I de la 2 devient une marche altière, c'est rien, mais c'est beau. Ou le bucolisme de la 1, partout. ¶ Hamerik, Symphonie n°7. Qu'est-ce que le niveau baisse…J'adore pourtant les deux premières, bien les 3-4-5, mais la fadeur de la dernière ! Je n'ai pas réécouté le Requiem en couplage, mais il est de la même farine. ¶ Hamerik – Quartetto On dirait que Hamerik a cru que le suffixe en « -etto » avait ici un sens diminutif ! Minuscule pièce d'une dizaine de minutes, très jolie, mais beaucoup moins marquante, dans le genre paisible-souriant, que les Horneman (son aîné de trois ans seulement). ¶ Stenhammar, Symphonies. Assez ternes sur tous les aspects, même si le final de la 2 (un peu) plus folklorisant est sympa. Tellement loin du charme naïf de la sérénade simili-mozartienne ou de la densité d'écriture des quatuors (fabuleux) ! À tout prendre, ses concertos pour piano font de bien meilleures symphonies ! (même les zébrures sibéliennes de la 2 ne sonnent pas très hardies ; certes Neeme Järvi ne semble pas dans un jour de grande nervosité) … Bien, en réécoutant les concerts, le Deuxième Concerto est quand même bien fade… et la Deuxième Symphonie par Westerberg, ça change tout, superbe ! ¶ Stenhammar – Sérénade – Chambre d'Uppsala, Mägi Jouée avec cette verdeur, ça devient passionnant. Et un véritable cycle Hagegård (qui a occasionné une récente notule ). ¶ Grieg – 4 Psaumes – Hagegård Chœur de la Cathédrale d'Oslo, Kvam (Nimbus) ¶ Rangström – 5 Poèmes de Bergman, La Fleur sombre et autres cycles. Svendén, Hagegård, Schuback (chez Musica Sveciæ). De très belles atmosphères traitées dans la langue locale, ce qui n'est finalement pas si évident chez les compositeurs nordiques. ¶ Hagegård, tubes d'opéra (Pagliacci, Faust, Rigoletto, Così, Tannhäuser, Don Carlo) et airs suédois. Une belle grâce là où on ne l'attend pas, et touours ce vibratello charmant. La Romance à l'Étoile est l'une des plus belles que j'aie entendues, dans un secteur pourtant fort chargé (DFD, Blanc, Mattei, Gerhaher…). On sent la parenté d'école avec Mattei d'ailleurs, l'aisance du mixage et des nuances en sus… ¶ (August) Söderman – Tannhäuser – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Une vaste ballade dont les divers climats sont assez réussis. Elle commence par des appels qui font écho aux trompes vascellaires de la fin de Tristan. ¶ (August) Söderman – Kung Heimer och Aslog – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) ¶ Aulin – Poèmes de Tor Hedberg – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Comme toujours dans les mélodies d'Aulin, délicatement coloré. ¶ (Ragnar) Althen – Land du välsignade – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Très beau chant patriotique, simple et élancé. ¶ (Andreas) Hallén – Junker Nils Sjunger till Lutan (av Gustaf Wasas saga) – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Autrement dit : l'aristocrate Nils joue du luthn extrait de saga. ¶ Alfvén – Skogen sover (La forêt repose) – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) ¶ Stenhammar – Suède – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Ce sont là les couleurs délicates du Stenhammar de la Sérénade. Putti qui attirent l'attention du photographe tandis que Jésus, au-dessus, est un peu déchiré. Noël COYPEL, une Crucifixion étrangement intitulée Le Christ pleuré par les anges. (ce qui paraît tout sauf évident, garnements) Musée Bossuet. Britanniqueries ¶ Stanford – Stabat Mater (conseil de Gilles Lesur ) Très inhabituel, une vision très dramatique et extravertie de ce texte. J'aime beaucoup. ¶ Elgar– Quatuor – Villiers SQ Bien joué comme cela ! Son calme un peu étale fonctionne très bien ainsi, beaucoup mieux qu'à l'ordinaire. ¶ Delius – Quatuor – Villiers SQ Très ravélien en réalité, mais un Ravel pas du tout frénétique comme celui du quatuor. Très, très beau. ¶ York Bowen, Symphonies n°1 & 2 (BBCPO, Andrew Davis). De très beaux morceaux de postromantisme généreux ! ¶ Robert Still – Quatuor n°1 – Villiers SQ (Naxos) ¶ Robert Still – Quatuor n°2 – Villiers SQ (Naxos) ¶ Robert Still – Quatuor n°3 – Villiers SQ (Naxos) ¶ Robert Still – Quatuor n°4 – Villiers SQ (Naxos) Du jeune Schönberg au vieux Chosta, un corpus très réussi dans un style évolutif mais homogène. Du premier, complètement tonal même si « avancé », on parcourt toute une évolution stylistique : le 2 évoque plutôt le jeune Schönberg ou les quatuors de Korngold, le 3 plutôt le jeune Chostakovitch, le 4 plutôt le dernier Chostakovitch, tout cela en restant dans une couleur qui lui est propre. Par goût, j'apprécie particulièrement le deux premiers, mais les quatres sont remarquables. (Et le Quatuor Villiers est, ici, encore, absolument parfait.) Jean-Baptiste PIERRE, Renaud dans les jardins d'Armide. Musée municipal de Meaux. Dans cette version, on ne voit pas le bouclier aux mains d'Ubalde. Est-ce ce que tient le putto dissimulé ? Ou bien un tambour de basque ? Un miroir ? Slaves ¶ Présentement, les deux petits accordéons de la Deuxième Suite de Tchaïkovski ! On joue très peu ses Suites, qui valent pourtant les symphonies ! Beaucoup plus de mouvements fugués, de couleurs, de danse surtout. Ça se vaut, vraiment ! ¶ Tchaïkovski – Symphonie n°1 – St. Luke's, Heras-Casado (HM) ¶ Tchaïkovski – The Tempest – St. Luke's, Heras-Casado (HM) Vision allégée et sobre, comme on pouvait s'y attendre, sans être fondamentalement différente en conception de la tradition. ¶ Taneïev – Quintette à deux altos – Taneyev SQ (Northern Flowers) L'une des meilleures œuvres de chambre de Taneïev (le sommet restant plutôt le Quatuor avec piano, à mon sens), beaucoup plus intéressante que les quatuors un peu académiques. ¶ Martinů – Concerto pour violoncelle n°1 – Johannes Moser, Radio de Saarbrücken, Poppen Splendide concerto (j'ai ai parlé plusieurs fois ici même, sur CSS) – l'orchestre y dit beaucoup. Et Moser est, à mon sens, le meilleur violoncelliste soliste actuel, d'assez loin… aussi bien maîtrise que son ou expression, ébouriffant. ¶ Pawel Łukaszewski, chœurs sacrés. Très tradi, mais les chuintantes des Chants Funéraires Kurpiens (en polonais ou dialecte afférent), les quintes dures, les petits agrégats suspendus à la mode traditionnelle sont réellement délicieux. Le legs latin est plus insignifiant. Et ne me dites pas que c'est introuvable, ça vient d'être édité (ou réédité) chez Warner. Si vous aimez Tormis, même veine. ¶ Avet Terterian – Symphonie n°3 (chez ASV). L'usage des percussions seules et des effets de cordes (glissando) est assez ludique, et ce devrait bien fonctionner en salle avec un public néophyte; en revanche, côté matière musicale, c'est comme chez Say, il faut chercher. Mais j'ai peut-être manqué des choses au delà du premier mouvement : j'ai dû m'interrompre, et j'avoue humablement ne pas avoir (étrangement) trouvé de temps pour m'y remettre. Nous sommes peut-être aux Invalides, mais les putti sont bien portants. (Vous noterez le front napoléonien du second.) Et aussi ¶ Propositions d'enregistrements du Sacre du Printemps . ¶ Moisson du jour un peu moins exigeante. Mendelssohn baroqueux, Verdi fin, Tchaïkovski allégé, postromantisme carinthien, pop coréenne 2000's Dont : ¶¶ Davichi – Hot Stuff ¶¶ Narsha (avec Miryo) – 나 언제나 그대곁에 있어요 ¶ Je découvre avec un disque Bernstein par Minnesota-Oue (pas Berlin-Abbado quand même !) l'existence de ce modeste label. |:-o ¶ Diodet-Lamareille, Ce que c'est qu'un drapeau. Qu'est-ce que ça fonctionne bien ! Versions Thill, Dona, Patard et puis Mestral, Noté… Plutôt que Thill que tout le monde connaît, Dona … (Patard est seul à faire le couplet central et ne fait que celui-là, étrangement – le moins intéressant, dans un ton un peu négatif pas très congruent avec le principe de la chanson patriotique.) ¶ Luis Fonsi – Despacito Faut bien se cultiver. ¶ J'ai aussi écouté, un peu incrédule, les chansons racistes de l'Expo coloniale de 1931. Nénufar est particulièrement frappant (la reprise en chorus « Nénufar — Nénufar ! — T'as du r'tard — T'as du r'tard ! — Mais t'es un p'tit rigolard »…). [texte complet] Oui, quand même. (On notera avec intérêt la fortune pré-1990 de l'orthographe « nénufar ».) (Possiblement un autre sous-entendu raciste, d'ailleurs.) Jean-Baptiste PIERRE, Renaud dans les jardins d'Armide. Musée municipal de Meaux. Quelle est la femme ? Concerts ♫ J'avais déjà mentionné quelques mots sur Le Timbre d'argent de Saint-Saëns. En voici une autre version, un peu plus lisible . La bande est disponible sur France Musique. L'Opéra-Comique en publiera une version vidéo, je crois (ou était-ce Alcione ?), et Bru Zane devrait le publier en CD. ♫ Lamento della Pazza de Giramo et canzoni de Kapsberger et Strozzi par les Kapsber'girls , un programme un peu plus vert que le précédent (et à mon avis des œuvres moins intéressantes), mais qui promet beaucoup lorsqu'il sera rodé ! ♫ Encore une fois le Trio Zadig , cette fois dans Ravel et Schubert (et aussi conversation sur Classik). ♫ Quintettes à vent de Barber, Ligeti, Arnold, et (arrangé de) Debussy. ♫ Déjà mentionné le mois dernier, mais c'était un concert de juillet, et il mérite bien une seconde mention : Chœurs de Saint-Saëns, d'Indy, Schmitt, Poulenc – Chœur Calligrammes, Estelle Béréau (Notre-Dame-du-Liban). Quand des post-wagnériens comme d'Indy et Schmitt se passionnent simultanément pour le folklore français… jubilatoire et très riche à la fois, un répertoire qui n'est pas du tout documenté par le disque. Témoignage très précieux, et dans le top 10 des concerts de la saison… … et j'ai encore pour la troisième fois manqué le Trio Sōra (Tchaïkovski et Chosta 2, j'avais ma place d'ailleurs…), que je languis de réentendre ! Putto courant sans pieds ailés. Daniel SARRABAT, L'Enlèvement d'Europe (comme vous pouvez le deviner à senestre). Musée Bossuet. Quelques balades illustrées ► Voyage à Enfer . ► Méry-sur-Oise , exploration nocturne conceptuelle. ►Atmosphères prégnantes de Saint-Laurent à Beaumont-sur-Oise. ► Visite de la cathédrale de Meaux . Espace extraordinaire. [récit en cours] ► Visite de Dourdan . [récit partiel, je vois que je n'ai pas mentionné l'église en particulier, ni l'histoire du restaurateur viollet-le-ducal…] ► Exposition 1870 aux Invalides, plus didactique qu'artistique, mais avec un superbe Doré en cadeau. ► Détails de l'exposition Baroque des Lumières (tableaux d'églises françaises aux XVIIe et XVIIIe siècles) au Petit-Palais. ► Le musée Bossuet dans l'ancien palais épiscopal de Meaux. Superbe fonds de peintures françaises XVIIe-XVIIIe. [récit en cours] L'Amour sans bandeau ne fera pas grâce à la nymphe qui s'enfuit. Une autre vision, beaucoup plus déterministe. (Cratère d'ornement à l'extérieur de l'hôtel de ville de Meaux; seconde moitié du XIXe.) Quelques lectures citées → Fil Byron : relecture du Corsair, citations d'extraits. En cours. → Extraits et citations tirés de la seule biographie d'Eugène Scribe – par Jean-Claude Yon, historien. Où je n'ai pas trouvé les réponses à mes questions sur l'absence de scandale de Robert le diable ; comme souvent dans ce type de biographie, Yon cherche surtout à réhabiliter le sérieux, l'humanité, la paternité des œuvres de son chouchou, plutôt qu'à expliquer les raisons littéraires de sa place, et y parle assez peu des contenus des œuvres, très peu d'opéra. Le contexte de sa production, ses rapports avec les autres écrivains ou les directeurs de théâtre sont très précisément documentés, mais ne laisse pas de place pour répondre à ce qui m'intéressant – d'autres monographies seraient à écrire. Ici aussi, exploration en cours. Les Clefs du cœur. François LEMOINE, Ricordo de la coupole de la chapelle de la Vierge à Saint-Sulpice (années 1730) Conservé au presbytère de Saint-Sulpice. Annexe : Les tartelettes ? Les tartelettes sont une cotation purement personnelle que je n'ai pas retirée lorsqu'elle figurait déjà. Elles n'ont aucun lien avec la qualité objective ou l'audace des œuvres, elles témoignent uniquement de mon intérêt subjectif à les écouter. Elles ne tiennent pas compte des interprétations (sinon ce devient trop complexe, aussi bien pour moi que pour celui qui veut écouter l'œuvre et n'a pas forcément le même disque). Il ne faut donc pas les lire comme les étoiles « objectives » des magazines (ou des webzines qui se prennent au sérieux) qui servent à donner ou pas la moyenne aux enregistrements. Pas mon univers. Pas déplaisant, mais pas nécessaire à réécouter. Exemples : Certaines symphonies mineures de l'ère classique. (Plutôt Stamitz que Vaňhal ou Cannabich, mais ce dépend vraiment des opus.) Les lieder de Brahms. Messagesquisse de Boulez. Agréable, à réécouter de temps à autre. Exemples : Les lieder strophiques de jeunesse de Schubert. Tannhäuser de Wagner. Domaines de Boulez. Très belle œuvre, à réécouter souvent. [Concerne donc une très large part du répertoire.] Exemples : Die Dichterliebe de Schumann, Lohengrin de Wagner. Un œuvre particulièrement enthousiasmante, à réécouter le plus souvent possible. Exemples : Parsifal de Wagner. Il Trovatore de Verdi. Les lieder d'Alma Schindler-Mahler . Dialogue de l'ombre double de Boulez. La poignée des œuvres de chevet, celles qui parlent le plus immédiatement et le plus intimement. Exemples : la Première Symphonie de Czerny, le Via Crucis de Liszt, le dernier tableau de Das Rheingold de Wagner, Arabella de R. Strauss, les lieder en duo Op.14 de Reger, Die verklärte Nacht de Fried… Ainsi, à part la tartelette seule qui est un peu mitigée (agréable mais oubliable, proche de l'indifférence), la seule présence de tartelettes indique que j'ai aimé. Un Tx3 n'est donc pas une note « moyenne », mais au contraire déjà la marque des grandes œuvres – la différence avec les deux degrés supérieurs relevant de ma plus arbitraire inclination. Exceptionnellement, dans les cas graves, il arrive que je distribue des tartelettes au citron meringué, qui sont à la vraie tarte au citron ce qu'est Bachar el-Assad à Gandhi. Je n'ai pas aimé du tout, du tout. Ça ne me parle pas / c'est moche. Exemple : L'œuvre orchestrale d'Olga Neuwirth. C'est insupportable, grotesque, scandaleux. Et surtout ça fait mal. Exemple : L'œuvre pour orgue de Philip Glass. Je suis mort. Je mets ces diverses tartelettes quand je suis sur Classik parce que ça m'amuse, que ça fait un repère visuel, que ça permet de provoquer gentiment, mais ça n'a pas grande utilité : ce ne témoigne que des déviances de mes goûts, et ne garantit rien sur vos propres dilections. D'où l'intérêt des mots, qui permettent de caractériser plutôt que de noter…




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14 mai

CD, compte rendu critique. BRUCKNER : Symphonie n°3, WAGNER : Ouverture de Tannhäuser / Andris Nelsons / Gewandhausorchester Leipzig ( 1 cd Deutsche Grammophon, Leipzig juin 2016).

CD, compte rendu critique. BRUCKNER : Symphonie n°3, WAGNER : Ouverture de Tannhäuser / Andris Nelsons / Gewandhausorchester Leipzig ( 1 cd Deutsche Grammophon, Leipzig juin 2016). L’expérience à laquelle nous convie le chef letton Andris, – pas encore quadragénaire (né à Riga en Lettonie en 1978), est une immersion intelligente et réfléchie, de Bruckner à Wagner, d’autant plus pertinente et convaincante que l’ambition des effectifs requis ici n’écarte jamais le souci de précision claire, de sonorité transparente et riche. C’est même un modèle de finesse et d’élégance à mettre à présent au crédit d’un jeune chef superbement doué (on le connaît davantage dans une fosse d’opéra que comme maestro symphonique), dont le parcours discographique chez DG Deutsche Grammophon devra être suivi à présent, avec l’attention qu’il mérite… Le chef débute ainsi sa coopération à Leipzig comme directeur musical du Gewandhausorchester Leipzig,- fonction dédiée qu’il partage avec un poste équivalent à Boston (directeur musical du Boston Symphony Orchestra). Engagement et pourtant humilité, Andris Nelsons perpétue aujourd’hui cette abnégation pour la musique comme son mentor et maître (depuis 2002) : l’immense Mariss Jansons. La Symphonie n°3 de Bruckner est une expérience d’abord spirituelle dont beaucoup de chef ratent la réalisation soit par incompréhension et lourdeur déclamatoire, soit par réduction des nuances instrumentales. Or il y a beaucoup de finesse et de sensibilité dans l’alternance et la dialogue continu entre les pupitres : cordes, harmonie, cuivres. Lettré mais jamais pédant ni abstrait, Andris Nelsons aborde les multiples et permanentes références de Bruckner aux opéras de Wagner, avec simplicité et franchise ; ainsi Tristan, bient présent et magnifiquement réassimilé, dans le tissu orchestral du second mouvement ; ainsi Tannhäuser dans le Finale, qui fait ainsi une transition / filiation parfaite avec l’ouverture wagnérienne qui suit. En orfèvre des équilibres orchestraux, veillant à la lisibilité comme à la cohésion du format et de la balance sonore, le chef révèle en définitive tout ce qui fait de la 3è Symphonie de Bruckner, une « oeuvre fondamentale » dans laquelle après les deux premières, Bruckner trouve son écriture tout en demeurant dans le giron paternel, inspirant, de son modèle Wagner. La 3è fut un four retentissant lors de sa création viennoise : confirmation d’une incompréhension totale au sujet du Bruckner symphoniste. Dès le début du premier mouvement (noté « Mehr langsam, Misterioso »), Nelsons exprime l’humanité du parcours, celui d’un croyant sincère, qui doutant de lui-même comme artiste comme de sa foi ne transigeait cependant pas sur les élans et l’ardeur qui portent toute la structure symphonique. Les multiples péripéties confiées aux pupitres des cordes, harmonie et aux cuivres, tour à tour, trouvent sous sa baguette, une évidence rhétorique, à la fois équilibrée et très détaillée. La somptuosité des timbres éblouit de part en part et confirme l’excellence artistique de l’orchestre de Lepizig. Sur le plan expressif et poétique, le chef parvient surtout à concilier les faux ennemis, de l’intimité et du colossal. Ainsi à 12mn17, au moment de la réitération grandiose du portique monumental qui semble écraser toutes les aspirations avant filigranées, l’orchestre résout tout conflits d’échelle, en déployant un somptueux mode intime d’une pudeur juste surprenante. D’ailleurs la symphonie du moins dans ce premier mouvement alterne constamment entre l’expression d’une aspiration personnelle profondément et viscéralement inscrite dans la chair la plus enfouie de l’auteur, – invitation à un oubli suspendu extatique , et la présence terrifiante du colossal. C’est en relation avec l’être qui hésite et doute – propre de tout croyant qui se respecte, l’intime conviction et l’espérance enfouie confrontée à un destin voire une fatalité qui dépasse et submerge. L’épisode s’achève (et s’accomplit) en une série de fanfares puissantes et déclamatoires à l’énoncé irrésolu. Le mouvement second – Adagio (coeur émotionnel du cycle), est murmuré dans la pudeur la plus intacte où percent les hautbois et les violons, gonflés, suractifs mais d’une rare finesse d’intonation; tissant une irrésistible sensualité vibrante, portée par les somptueux cors d’une noblesse infinie. Le chef joue là encore la transparence et la clarté faisant surgir le songe et le rêve, ainsi l’accent du hautbois lointain d’une lueur (solitaire, poétique) toute tristanesque. Bruckner ainsi suggère par étapes et jalons progressifs, déploie des trésors de sensibilité dans une pâte flamboyante dont Andris Nelsons parvient à capter la souple matière scintillante. Ses brumes wagnériennes éblouissant d’une intensité revivifiée, s’affirment dans le mystère. Dans le secret viscéral, moteur, central, qui n’appartient qu’à son auteur. Le souffle des cors structure tout l’épisode plus introspectif qu’au début, jusqu’à la dernière mesure énoncée, ténue basculant alors dans l’ombre. Wagnérien accompli, Andris Nelsons s’affirme ici en Brucknérien subtil et profond Le 3è épisode qui est le Scherzo, vif, contrasté permet enfin à la fanfare et aux cuivres pétaradants de revendiquer le premier plan, dans un sentiment de large insouciance. Les instruments comme libérés dialoguent avec les cordes : dont l’ivresse et la souple frénésie apportent libération et proclamation. Le dernier épisode rééquilibre l’écriture dans le sens d’une valse élégante, magnifiquement insouciante elle aussi aux cordes, bientôt rattrapée par le pupitre des cuivres aux déflagrations spectaculaires à chaque assaut; avant que les trombones n’éclairent différemment le final dans le sens d’un mystère qui s’épaissit puis enfin, une libération collective, victorieuse et lumineuse à 12mn. Dans les quatre mouvements, dévoilant la 3è dans une version très équilibrée de 1888/89 (Leopold Nowak, moins longue que l’originale qui comporte quelques maladresses), la direction du maestro se fait subtile et intérieure, d’une humanité inquiète et sincère, miroir de la ferveur contradictoire de Bruckner lui-même : entre certitude et angoisse profonde, nostalgie enivrée et vertiges abyssaux. 
TANNHAÜSER… Wagner, à la source. Evidemment jouer l’ouverture programmatique, plutôt resserrée et dense de Wagner pour Tannhaüser avec ce magnifique choeur des pèlerins, – et cette montée en triomphe que Nelsons traite en parsifalien avisé, – expression d’une révélation enfin comprise et assumée aussi, met en balance l’écriture du maître adoré (Wagner), construite, enivrée, d’une architecture progressive irrésistible, et celle de son « disciple » adorateur (Bruckner), qui en regard paraîtrait presque phraseur et « péroreur », trop dilué comme « bavard ». Mais c’est oublié l’élégance et la clarté et ce goût des timbres que défend le chef très inspiré. Habile, et mesuré, opulent et éloquent, Nelsons offre une somptueuse vibration des cordes, mise en dialogue avec la fanfare des cuivres d’une noblesse aérienne. Une telle acuité instrumentale détaillée rappelle l’éloquence et l’activité des poèmes symphoniques straussiens. La pâte onctueuse, la transparence de la sonorité, l’homogénéité étant la valeur la plus défendue ici, portent leur fruit dans un ouverture wagnérienne, – la source de Bruckner de facto, qui éclaire tout l’édifice programmatique par son élégance et cet hédonisme fiévreusement dramatique. Son geste impérial, analytique et sensuel, – celui d’un esthète, assoit la hauteur de vue d’une vision brucknérienne et wagnérienne de premier intérêt. A suivre avec acuité. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2017. _______________________ CD, compte rendu critique. BRUCKNER : Symphonie n°3, WAGNER : Ouverture de Tannhäuser / Andris Nelsons / Gewandhausorchester Leipzig (1 cd Deutsche Grammophon, enregistrement live réalisé à Leipzig en juin 2016). CLIC de CLASSIQUENEWS

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24 avril

Compte-rendu, opéra. TOURS, le 23 avril 2017. PUCCINI : TOSCA. Maria Katzarava. Benjamin Pionnier / Pier-Francesco Maestrini

Compte-rendu, opéra. TOURS, le 23 avril 2017. PUCCINI : TOSCA. Maria Katzarava. Benjamin Pionnier / Pier-Francesco Maestrini. Voilà une (nouvelle) production somptueuse et riche en décors et références pour chaque acte, au contexte de la Rome romantique de 1800 (à l’époque de la victoire napoléonienne de Marengo)- car une toile au devant de la scène permettant un décor sur toute la largeur, évoque tantôt la fuite de l’ancien préfet de la république de Rome alors déchue (Angelotti réduit à une ombre que l’on devine s’échapper) puis le portrait de femme (l’Attaventi) que Mario artiste républicain donc bonapartiste finit de peindre dans l’église Sant Andrea della Valle pour une sublime Madeleine au pied de la Croix… immédiatement la situation dramatique s’inscrit dans l’imaginaire du spectateur qui ne perd aucun enjeux ni aucun détail des éléments cités dans le livret. L’image fait une incursion intelligente dans le déploiement des tableaux. On se délecte ainsi de détails “oubliés”, pourtant présents mais moins signifiants ailleurs, à ce degré de réalisme. Aussitôt c’est le théâtre qui s’invite sur la scène lyrique d’autant que la pièce de Victorien Sardou a été magistralement adaptée à la scène par Puccini et ses librettistes (Luigi Illica et Giuseppe Giacosa). Voilà une production ô combien juste qui rétablit la place du jeu théâtral et de la force des tableaux visuels dans Tosca. PUCCINI dramatique et lyrique. Grâce à une direction précise et particulièrement nuancée le temps dramatique fusionne avec le temps musical : la baguette de Benjamin Pionnier sait respirer et s’alanguir, autant dans le murmure que la déflagration ; le maestro sait installer de somptueuses atmosphères, des climats qui regorgent d’indices émotionnels mêlés, composant le plus vibrant et palpitant des chants orchestraux. La vision est claire et fluide, d’une rare élégance expressive avec pour chaque séquence, une atténuation recherchée de la couleur et du timbre qui au final approfondit l’intensité comme la justesse poétique de chaque épisode. Pari réussi pour le chef et directeur de l’Opéra de Tours, Benjamin Pionnier, la nouvelle production de Tosca est aussi visuelle que psychologique Une nouvelle Tosca au souffle symphonique Ainsi l’acte I file comme une fresque cinématographique d’une remarquable acuité de ton : c’est un acte d’exposition où paraissent tout à tour, la jalousie maladive de Tosca sous son masque d’espièglerie amoureuse. Puis la figure sadique et manipulatrice du baron Scarpia, chez lequel pouvoir et emprise sexuelle se mêlent imperceptiblement. Le souffle du collectif (magistral aplomb du chœur final) comme le relief des tempéraments individuels se trouvent parfaitement articulés grâce à une vision d’architecte : le chef veille aux équilibres entre chaque partie. Dans le II, -acte de torture physique (sur Mario) et psychologique (la proie est ici Tosca), le chef exprime par la tenue d’un orchestre très maîtrisé, le cynisme à l’œuvre dont se délecte le bourreau Scarpia, et le renversement de situation … quand l’ignoble prédateur s’abattant sur Tosca, reçoit le coup de couteau qu’il n’avait pas prévu et qui le précipite en enfer, en âme damnée… le tableau des deux bougeoirs au chevet du cadavre raidi a toujours un impact incroyable et montre combien ici quand l’opéra fusionne avec le théâtre, la musique est en capacité de sublimer une situation. Sachant aussi calibrer chaque effet et accent dans le vaste maelstrom orchestral, Benjamin Pionnier saisit le raffinement de l’orchestration fabuleusement suggestive de Puccini comme sa violence et sa fureur rentrée qui fait de Tosca, un opéra esentiellement symphonique. L’idée du Puccini contemporain alors, des derniers essais orchestraux du passionnant Richard Strauss, se précise et la direction tout en retenue et en acuité du chef a dévoilé combien cette Tosca de 1900 préparait déjà dans ses fureurs spectaculaires comme inscrites dans la psyché la plus ténue, les Salomé et Elektra à venir: ici et là, un orchestre somptueusement vénéneux, aux couleurs et rugosités fauves. Tout cela éclaire derrière et autour des protagonistes, le contexte sonore et historique qui assoit d’autant mieux le déroulement de l’action psychologique. Telle vision active et subtile s’accomplit idéalement dans le fameux air de la cantatrice à genoux “Vissi d’arte, vissi d’amore”, déchirante prière d’une femme toujours pieuse qui ne comprend pas que Dieu puisse lui infliger une telle souffrance… accordés au chant soliste, les couleurs et le format de l’orchestre sont superlatifs dans ce qui demeure le moment clé de l’action. D’autant que la vraie vedette de la production aux côtés d’une fosse souveraine, reste le soprano puissant, clair, timbré, fabuleusement rond et charnel, comme clair et subtil de la mexicaine Maria Katzarava. La formidable intensité du jeu, la brillance et la sincérité du style comme des intentions assurent à la chanteuse, une irrésistible séduction. Au I, elle est juvénile presque ingénue, quoique maladivement jalouse comme on a dit. Au II, la diva paraît grave et mûre, en robe de soirée, artiste accomplie, cantatrice dans l’histoire et sur la scène, mise en abyme hyperréaliste. C’est une autre femme qui paraît désormais, liée au drame tragique qui va l’emporter au III. Ce changement crédible dans l’incarnation, cette progression qui traverse et cristallise chacune des étapes de la tragédie (ici les 3 protagonistes trouvent la mort au terme des 3 actes) affirment une chanteuse et une actrice très attachante. A ses côtés, le Mario Cavaradossi de Angelo Villari, s’il n’offre pas pareille palette de nuances émotionnelles, conserve de bout en bout, cette ardeur tranchante, fureur au poing, dévoilant le révolutionnaire, prêt à en découdre, malgré la douleur que lui inflige la scène de torture du II. Assez lisse, et gris, le Scarpia de Valdis Jansons gagne une épaisseur barbare au II : la figure démoniaque gagne une présence manifeste à mesure qu’elle s’impose à Tosca, auteur d’un chantage monstrueux. Parmi les comprimari,- rôles secondaires, le Sacristain de Francis Dudziak relève les défis du seul rôle comique – pleutre et supersticieux, dans une arène incandescente. On distinguera tout autant l’impeccable tenue des Choeurs maison, préparé par Alexandre Herviant. Superbe nouvelle production qui saisit par l’intelligence de sa vision orchestrale. ____________________ Compte-rendu, opéra. TOURS, le 23 avril 2017. PUCCINI : TOSCA. Maria Katzarava. Benjamin Pionnier / Pier-Francesco Maestrini. Encore à l’affiche de l’Opéra de Tours, les mardi 25 puis jeudi 27 avril 2017, 20h.



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22 avril

La Nouvelle Tosca de Benjamin Pionnier à TOURS

TOURS, Opéra. PUCCINI: Tosca. 21 – 27 avril 2017. Benjamin Pionnier dirige l’Orchestre Symphonique maison (qui porte aussi le nom de la région : Centre – Val de Loire) pour une nouvelle production de Tosca, réunissant des voix peu connues en France et qui promettent de relever les défis multiples d’une partition élaborée comme une pièce de théâtre et au drame réaliste : au devant de la scène, se déroule la tragédie d’un trio amoureux opposant les deux amants artistes (Tosca la chanteuse et Mario le peintre), pris dans les filets du diabolique Scarpia (préfet de Rome), épris de la belle cantatrice. Puccini sait élargir le spectre dramatique en fouillant par le chant d’un orchestre fabuleusement orchestré, le contexte et les résonances historiques, sociales de ce huit clos étouffant : l’Italie dont il est question, est celle des Monarchistes contre les Républicains, c’est à dire en une seconde opposition, celle là politique, qui confronte le royaliste Scarpia contre le bonapartiste Mario… Les 3 actes sont parfaitement délimités, chacun inscrit dans un lieu bien identifié de Rome : l’église San Andrea della Valle au I ; écrin des amours artistes dont nous avons parlé, puis célébration collective en un Te Deum qui assoit le redoutable préfet ; le II se déroule ensuite au Palais Farnèse chez Scarpia, dans les salons et le bureau de son palais officiel où il torture Mario ; c’est là qu’en une scène fantastique et macabre, la belle Tosca poignarde le préfet sadique avant de lui rendre un dernier hommage posthume (l’actrice Sara Bernhardt a laissé un souvenir mémorable dans la pièce originelle de Victorien Sardou, comme Maria Callas ensuite sur la scène de l’Opéra de Paris ; enfin, l’acte III, au Château Saint-Ange où est emprisonné Mario ; l’acte s’ouvre sur une évocation champêtre et pastorale par le chant d’un jeune berger - sur les collines environnantes de Rome, Tosca retrouve son amant Mario emprisonné pour le délivrer, après une prétendue fausse exécution qui s’avère cependant fatale pour celui qui a osé se réclamer de l’idéal bonapartiste… Ainsi même après sa mort Scarpia poursuit son œuvre diabolique. Démunie, trahie, veuve… Tosca se jette dans le vide, de la terrasse du Château Saint-Ange. Puccini réussit dans Tosca, l’équation délicate du drame sentimental et de la fresque évocatrice au réalisme accru : à la passion qui dévore les trois protagonistes (le fameux trio verdien : soprano / ténor / baryton, ce dernier étant le rival du premier) répond le souffle irrésistible des évocations orchestrales. Oui, Tosca est un opéra sublime qui est autant psychologique que dramatique. Il est peintre, elle est chanteuse… TOSCA, l’opéra des artistes libres… jusqu’à la mort C’est en écoutant une représentation d’Aïda de Verdi que le jeune Puccini reçoit la vocation du lyrique. Ainsi, l’un de ses chefs d’oeuvre de la plaine maturité, Tosca, créé en 1900 en témoigne. Viendront ensuite après ce premier sommet dramatique et vocal, Butterfly (1904) puis l’inachevée Turandot (création posthume en 1926). L’unité dramatique et la superbe gradation dans la tension de l’ouvrage viennent en partie, de sa construction spatiale: à chaque tableau correspond un lieu différent dans la Rome du début XIXème siècle: l’église San Andrea della Valle à l’acte I, puis le Palazzo Farnèse ou Palais de la justice au II; enfin pour la mort des amants magnifiques, les géoles et la terrasse sommitale du château Saint-Ange au III. Rares sont les ouvrages lyriques qui collent à ce point à l’esprit d’une ville… Rome est l’autre acteur de l’opéra puccinien. Son souffle, son esprit, ses climats, son atmosphère en sont distillés par l’orchestre, autre grand acteur du l’action musicale. La Tosca de Puccini, qui a alors 42 ans, et est bien au sommet de son écriture, est adaptée de la pièce éponyme de Victorien Sardou, créée treize années auparavant, en 1887. En septembre et octobre 2016, la production de Tosca à Bastille compte une distribution vocale prometteuse : Anja Harteros (17, 20, 23 septembre) puis Liudmyla Monastyrska pour Tosca, la cantatrice amoureuse passionnée ; Marcelo Alvarez en Mario Cavaradosi, le peintre bonapartiste et libertaire ; enfin Bryn Terfel pour le préfet Scarpia, autorité noire, dévorée par la jalousie et le pouvoir… OPERA INCANDESCENT… En un torrent continu qui reste resserré, autorisant quelques rares airs aux solistes, la musique de Puccini exprime tout ce que les actes ne disent pas: les pensées secrètes, les soupçons incandescents (croyante et loyale, Floria est une femme terriblement jalouse), le machiavélisme cynique astucieusement tu (Scarpia est un monstre de perversité manipulatrice, ivre d’une insondable frustration et objet incontrôlable de son désir pour Tosca), la loyauté fraternelle de Mario (il est antimonarchiste, farouchement opposé à toute forme de despotisme, en cela dangereusement bonapartiste, révolutionnaire et libertaire)… En définitive, la plume de Puccini inscrit au devant de la scène, la passion qui animent chacun des trois protagonistes. Le compositeur crée un opéra qui conserve le rythme et l’intelligence dramatique de la pièce originelle signé Victorien Sardou. Sur le plan musical aussi, le compositeur rehausse davantage la règle du trio vocal, – noyau lyrique central depuis Bellini, Donizetti et surtout Verdi, – base de l’opéra romantique et post romantique: une soprano amoureuse, un ténor ardent, un baryton néfaste, manipulateur, sombre et ténébreux. Mais ici, contrairement à tant d’héroïnes soumises ou sacrifiées, Tosca est une femme qui rugit et résiste. Elle décide elle-même du moment et du contexte de sa mort. Illustration ci dessus : Tosca à l’Opéra de Tours par Benjamin Pionnier / © M Pétry 2017 C’est aussi le portrait de deux artistes magnifiques, elle est chanteuse; lui est peintre; qui se trouvent broyés par la machine politico-policière incarnée par le diabolique Scarpia. Compte rendu développé à venir, après notre présence le 23 avril 2017 : LIRE ici notre prochaine critique de la Nouvelle Tosca de Benjamin Pionnier ________________________ TOSCA de PUCCINI à l’Opéra de Tours Nouvelle production en 4 dates Vendredi 21 avril 2017, 20h Dimanche 23 avril 2017, 15h Mardi 25 avril 2017, 20h Jeudi 27 avril 2017, 20h RESERVEZ VOTRE PLACE http://www.operadetours.fr/tosca Billetterie Ouverture du mardi au samedi 10h00 à 12h00 / 13h00 à 17h45 02.47.60.20.20 theatre-billetterie@ville-tours.fr Grand Théâtre de Tours 34 rue de la Scellerie 37000 Tours Conférence de présentation de l’œuvre Samedi 8 avril 2017, 14h30 Grand Théâtre, Salle Jean Vilar / entrée gratuite dans la limite des places disponibles PUCCINI : TOSCA, opéra en trois actes Livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, d’après Victorien Sardou Création le 14 janvier 1900 à Rome Coproduction Opéra de Tours & Conseil Départemental d’Indre et Loire Direction musicale : Benjamin Pionnier Mise en scène : Pier-Francesco Maestrini Décors : Guillermo Nova Costumes : Luca dall’Alpi Lumières : Bruno Ciulli Floria Tosca : Maria Katzarava Mario Cavaradossi : Angelo Villari Scarpia : Valdis Jansons Cesare Angelotti : Zyan Atfeh Spoletta : Raphael Brémard Sciarrone : François Bazola Il sagrestano : Francis Dudziak Pastore : Julie Girerd Maîtrise du Conservatoire Francis Poulenc – CRR de Tours Choeurs de l’Opéra de Tours Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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18 avril

TOURS. Benjamin Pionnier dirige une nouvelle TOSCA

TOURS, Opéra. PUCCINI: Tosca. 21 – 27 avril 2017. Benjamin Pionnier dirige l’Orchestre Symphonique maison (qui porte aussi le nom de la région : Centre – Val de Loire) pour une nouvelle production de Tosca, réunissant des voix peu connues en France et qui promettent de relever les défis multiples d’une partition élaborée comme une pièce de théâtre et au drame réaliste : au devant de la scène, se déroule la tragédie d’un trio amoureux opposant les deux amants artistes (Tosca la chanteuse et Mario le peintre), pris dans les filets du diabolique Scarpia (préfet de Rome), épris de la belle cantatrice. Puccini sait élargir le spectre dramatique en fouillant par le chant d’un orchestre fabuleusement orchestré, le contexte et les résonances historiques, sociales de ce huit clos étouffant : l’Italie dont il est question, est celle des Monarchistes contre les Républicains, c’est à dire en une seconde opposition, celle là politique, qui confronte le royaliste Scarpia contre le bonapartiste Mario… Les 3 actes sont parfaitement délimités, chacun inscrit dans un lieu bien identifié de Rome : l’église San Andrea della Valle au I ; écrin des amours artistes dont nous avons parlé, puis célébration collective en un Te Deum qui assoit le redoutable préfet ; le II se déroule ensuite au Palais Farnèse chez Scarpia, dans les salons et le bureau de son palais officiel où il torture Mario ; c’est là qu’en une scène fantastique et macabre, la belle Tosca poignarde le préfet sadique avant de lui rendre un dernier hommage posthume (l’actrice Sara Bernhardt a laissé un souvenir mémorable dans la pièce originelle de Victorien Sardou, comme Maria Callas ensuite sur la scène de l’Opéra de Paris ; enfin, l’acte III, au Château Saint-Ange où est emprisonné Mario ; l’acte s’ouvre sur une évocation champêtre et pastorale par le chant d’un jeune berger - sur les collines environnantes de Rome, Tosca retrouve son amant Mario emprisonné pour le délivrer, après une prétendue fausse exécution qui s’avère cependant fatale pour celui qui a osé se réclamer de l’idéal bonapartiste… Ainsi même après sa mort Scarpia poursuit son œuvre diabolique. Démunie, trahie, veuve… Tosca se jette dans le vide, de la terrasse du Château Saint-Ange. Puccini réussit dans Tosca, l’équation délicate du drame sentimental et de la fresque évocatrice au réalisme accru : à la passion qui dévore les trois protagonistes (le fameux trio verdien : soprano / ténor / baryton, ce dernier étant le rival du premier) répond le souffle irrésistible des évocations orchestrales. Oui, Tosca est un opéra sublime qui est autant psychologique que dramatique. Il est peintre, elle est chanteuse… TOSCA, l’opéra des artistes libres C’est en écoutant une représentation d’Aïda de Verdi que le jeune Puccini reçoit la vocation du lyrique. Ainsi, l’un de ses chefs d’oeuvre de la plaine maturité, Tosca, créé en 1900 en témoigne. Viendront ensuite après ce premier sommet dramatique et vocal, Butterfly (1904) puis l’inachevée Turandot (création posthume en 1926). L’unité dramatique et la superbe gradation dans la tension de l’ouvrage viennent en partie, de sa construction spatiale: à chaque tableau correspond un lieu différent dans la Rome du début XIXème siècle: l’église San Andrea della Valle à l’acte I, puis le Palazzo Farnèse ou Palais de la justice au II; enfin pour la mort des amants magnifiques, les géoles et la terrasse sommitale du château Saint-Ange au III. Rares sont les ouvrages lyriques qui collent à ce point à l’esprit d’une ville… Rome est l’autre acteur de l’opéra puccinien. Son souffle, son esprit, ses climats, son atmosphère en sont distillés par l’orchestre, autre grand acteur du l’action musicale. La Tosca de Puccini, qui a alors 42 ans, et est bien au sommet de son écriture, est adaptée de la pièce éponyme de Victorien Sardou, créée treize années auparavant, en 1887. En septembre et octobre 2016, la production de Tosca à Bastille compte une distribution vocale prometteuse : Anja Harteros (17, 20, 23 septembre) puis Liudmyla Monastyrska pour Tosca, la cantatrice amoureuse passionnée ; Marcelo Alvarez en Mario Cavaradosi, le peintre bonapartiste et libertaire ; enfin Bryn Terfel pour le préfet Scarpia, autorité noire, dévorée par la jalousie et le pouvoir… OPERA INCANDESCENT… En un torrent continu qui reste resserré, autorisant quelques rares airs aux solistes, la musique de Puccini exprime tout ce que les actes ne disent pas: les pensées secrètes, les soupçons incandescents (croyante et loyale, Floria est une femme terriblement jalouse), le machiavélisme cynique astucieusement tu (Scarpia est un monstre de perversité manipulatrice, ivre d’une insondable frustration et objet incontrôlable de son désir pour Tosca), la loyauté fraternelle de Mario (il est antimonarchiste, farouchement opposé à toute forme de despotisme, en cela dangereusement bonapartiste, révolutionnaire et libertaire)… En définitive, la plume de Puccini inscrit au devant de la scène, la passion qui animent chacun des trois protagonistes. Le compositeur crée un opéra qui conserve le rythme et l’intelligence dramatique de la pièce originelle signé Victorien Sardou. Sur le plan musical aussi, le compositeur rehausse davantage la règle du trio vocal, – noyau lyrique central depuis Bellini, Donizetti et surtout Verdi, – base de l’opéra romantique et post romantique: une soprano amoureuse, un ténor ardent, un baryton néfaste, manipulateur, sombre et ténébreux. Mais ici, contrairement à tant d’héroïnes soumises ou sacrifiées, Tosca est une femme qui rugit et résiste. Elle décide elle-même du moment et du contexte de sa mort. C’est aussi le portrait de deux artistes magnifiques, elle est chanteuse; lui est peintre; qui se trouvent broyés par la machine politico-policière incarnée par le diabolique Scarpia. ________________________ TOSCA de PUCCINI à l’Opéra de Tours Nouvelle production en 4 dates Vendredi 21 avril 2017, 20h Dimanche 23 avril 2017, 15h Mardi 25 avril 2017, 20h Jeudi 27 avril 2017, 20h RESERVEZ VOTRE PLACE http://www.operadetours.fr/tosca Billetterie Ouverture du mardi au samedi 10h00 à 12h00 / 13h00 à 17h45 02.47.60.20.20 theatre-billetterie@ville-tours.fr Grand Théâtre de Tours 34 rue de la Scellerie 37000 Tours Conférence de présentation de l’œuvre Samedi 8 avril 2017, 14h30 Grand Théâtre, Salle Jean Vilar / entrée gratuite dans la limite des places disponibles PUCCINI : TOSCA, opéra en trois actes Livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, d’après Victorien Sardou Création le 14 janvier 1900 à Rome Coproduction Opéra de Tours & Conseil Départemental d’Indre et Loire Direction musicale : Benjamin Pionnier Mise en scène : Pier-Francesco Maestrini Décors : Guillermo Nova Costumes : Luca dall’Alpi Lumières : Bruno Ciulli Floria Tosca : Maria Katzarava Mario Cavaradossi : Angelo Villari Scarpia : Valdis Jansons Cesare Angelotti : Zyan Atfeh Spoletta : Raphael Brémard Sciarrone : François Bazola Il sagrestano : Francis Dudziak Pastore : Julie Girerd Maîtrise du Conservatoire Francis Poulenc – CRR de Tours Choeurs de l’Opéra de Tours Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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